jeudi 8 janvier 2015
dimanche 23 novembre 2014
Alex, Pierre Lemaître
Elle est belle. Excitante.
Est-ce pour cela qu’on l’à enlevée, séquestrée et livrée à l’inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu.
Alex, plus intelligente que son bourreau.
Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien ni personne.
Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l’on retrouve le talent de l’auteur de Robe de marié.
Je ne connaissais pas Pierre Lemaître, j’avais bien sûr entendu parler de lui avec "Au revoir là-haut" mais je n'avais encore jamais rien lu de lui. Quelle erreur !! Ce "Alex" renferme tous les bons ingrédients pour captiver le lecteur du début à la fin. Même si dans les premières pages j’ai eu un peu de mal avec le style, l’intrigue l’a emporté.
Alex, jeune femme en apparence sans soucis, se fait enlever au coin de sa rue. C’est l’équipe menée par le commissaire Le Guen qui est chargée de l’enquête. Il y a d’abord Camille Verhoeven, 1.45 m, chauve et qui depuis l’enlèvement et le décès de sa femme enceinte 4 ans auparavant, est sur la touche et s’y plaît. Le Guen le met sur cette affaire espérant le faire sortir de sa "torpeur". Et puis il y a aussi Louis, fils à papa extrêmement riche et bien élevé qui préfère être flic à la criminelle que vivre de ses rentes et qui selon Camille, même "vieux, il mourra avec l’air jeune". Et le dernier à compléter ce trio de choc c’est Armand, grand avare devant l’Eternel et qui est d’une ingéniosité sans pareille pour profiter des gens. Bref, ils n’ont rien des flics super héros made in USA ! Au cours de leur enquête, ils vont découvrir peu de choses sur Alex, et quand ils vont retrouver l’endroit où elle a été détenue, c’est pour s’apercevoir qu’il n’y a plus personne, la jeune femme a réussi à s’échapper. Le ravisseur va être retrouvé mais il va s’enfuir et se jeter d’un pont. Mais l’enquête n’est pas pour autant close et je n'en dirai pas plus pour conserver le "suspens" car Pierre Lemaître prend un malin plaisir à nous balader de page en page, les cadavres s’amoncellent sans aucun lien apparent entre eux, si ce n’est Alex… Avec une histoire construite en trois parties qui s’enchaînent de façon progressive, Lemaître nous livre un roman certes violent, mais haletant et déroutant, qui fait la part belle aux personnages. J’ai été conquise et je vais me plonger dans les précédents romans qui mettent en scène cette fine équipe à la french touch inimitable !
mercredi 19 novembre 2014
Challenge "Les Dames en Noir"
Les auteures de polar sont à l'honneur
avec ce challenge proposé par Zina
Le but de ce challenge est tout simple :
lire des polars, thrillers ou romans noirs
écrits par des femmes.
Les nouvelles sont acceptées,
ainsi que les écrits sous pseudonymes masculins.
Le challenge a commencé le 11 novembre
et se terminera le 31 décembre 2015.
Pour participer
Les inscriptions sont ouvertes à tous et se font soit sur ce billet, soit sur le topic du challenge sur Livraddict. Vous vous inscrivez quand vous voulez.
Bon challenge à toutes et à tous !!
dimanche 2 novembre 2014
Vengeance, impair et passe, Jeffery Deaver
Depuis six ans, l’agent Corte, spécialisé dans la protection des personnes, est obsédé par Henry Loving, individu impitoyable qui a tué son mentor et ami. Lorsqu’il est chargé d’assurer la sécurité de la famille Kessler, prise en chasse par Loving, Corte y voit l’occasion de se venger. La mission tourne très vite au duel entre les deux hommes, où chacun tente d’anticiper les mouvements de l’adversaire à l’aide de stratégies de plus en plus complexes. Les Kessler, pris entre deux feux et cloîtrés dans une planque, ignorent lequel d’entre eux est la cible de Loving. Leurs relations se tendent jusqu’au point de rupture. Corte, malgré l’opposition de sa hiérarchie, décide d’appliquer sa propre stratégie : vengeance, impair et passe.
Je n’avais rien lu jusqu’à présent de Jeffery Deaver, c’est donc totalement « neutre » que j’ai abordé ce « Vengeance, impair et passe » et c’est une très bonne découverte. Au premier abord, l’histoire n’a rien d’original : confrontation entre le bon et le méchant. Le bon, c’est l’argent Corte, spécialiste de la protection des témoins, et le méchant, c’est Loving, spécialiste de la torture. Leur première rencontre a été « explosive » et a laissé Corte avec un seul but : se venger. Mais Deaver n’a pas son pareil pour nous emmener au fil des pages là où il veut, il nous hypnotise totalement et ce, dès le prologue. On entre directement dans le vif du sujet en faisant connaissance de Loving et de son « art ». Quelques années plus tard, sa route croise à nouveau celle de Corte, et débute alors un affrontement de chaque instant entre les deux hommes. Corte est un stratège adepte des jeux de plateau et il ne laisse rien au hasard, mais il a en face de lui un redoutable adversaire. Parallèlement au duel entre les deux hommes, on découvre les « cibles », la famille Keller, que doit protéger Cole, et là aussi, il ne faut pas se fier aux apparences, la cible n’est peut-être pas celle que l’on croit. Le point fort de Deaver c’est de dérouler son intrigue comme un film, j’ai vraiment eu la sensation de suivre un film d’action, sans temps mort jusqu’au dénouement. Et si Deaver prend plaisir à nous « embrouiller », il le fait finement, d’une façon « stratégique » pour nous emmener sur une fin parfaite. Mais surtout, là où il m’a menée par le « bout du nez », c’est sur le personnage de Corte, si tout au long du roman, on s’attache à sa personnalité, on pense l’avoir cerné, quand arrivent les toutes dernières pages, on s’aperçoit qu’on s’est fait berné… mais avec plaisir ! Une vraie bonne découverte et un coup de cœur que ce « Vengeance, impair et passe » et je vais examiner de très près les autres parutions de Jeffery Deaver.
Je n’avais rien lu jusqu’à présent de Jeffery Deaver, c’est donc totalement « neutre » que j’ai abordé ce « Vengeance, impair et passe » et c’est une très bonne découverte. Au premier abord, l’histoire n’a rien d’original : confrontation entre le bon et le méchant. Le bon, c’est l’argent Corte, spécialiste de la protection des témoins, et le méchant, c’est Loving, spécialiste de la torture. Leur première rencontre a été « explosive » et a laissé Corte avec un seul but : se venger. Mais Deaver n’a pas son pareil pour nous emmener au fil des pages là où il veut, il nous hypnotise totalement et ce, dès le prologue. On entre directement dans le vif du sujet en faisant connaissance de Loving et de son « art ». Quelques années plus tard, sa route croise à nouveau celle de Corte, et débute alors un affrontement de chaque instant entre les deux hommes. Corte est un stratège adepte des jeux de plateau et il ne laisse rien au hasard, mais il a en face de lui un redoutable adversaire. Parallèlement au duel entre les deux hommes, on découvre les « cibles », la famille Keller, que doit protéger Cole, et là aussi, il ne faut pas se fier aux apparences, la cible n’est peut-être pas celle que l’on croit. Le point fort de Deaver c’est de dérouler son intrigue comme un film, j’ai vraiment eu la sensation de suivre un film d’action, sans temps mort jusqu’au dénouement. Et si Deaver prend plaisir à nous « embrouiller », il le fait finement, d’une façon « stratégique » pour nous emmener sur une fin parfaite. Mais surtout, là où il m’a menée par le « bout du nez », c’est sur le personnage de Corte, si tout au long du roman, on s’attache à sa personnalité, on pense l’avoir cerné, quand arrivent les toutes dernières pages, on s’aperçoit qu’on s’est fait berné… mais avec plaisir ! Une vraie bonne découverte et un coup de cœur que ce « Vengeance, impair et passe » et je vais examiner de très près les autres parutions de Jeffery Deaver.
Merci à Babelio et aux Editions des Deux Terres pour cette découverte.
dimanche 5 octobre 2014
Les visages, Jesse Kellerman
Lorsque Ethan Muller, propriétaire d’une galerie, met la main sur une série de dessins d’une qualité exceptionnelle, il sait qu’il va enfin pouvoir se faire un nom dans l’univers impitoyable des marchands d’art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c’est le travail d’un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d’enfants victimes, des années plus tôt, d’un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l’obsession. C’est le début d’une spirale infernale à l’intensité dramatique et au coup de théâtre final dignes des plus grands thrillers. Bien loin des polars calibrés habituels, Jesse Kellerman, styliste hors pair, nous offre ici un roman d’une indéniable qualité littéraire qui, doublée d’une intrigue machiavélique, place d’emblée le livre au niveau des plus grandes réussites du genre, tels Mystic River, de Dennis Lehane, ou L’Analyste, de John Katzenbach.
J’avais lu beaucoup de bonnes critiques sur ce roman et l’idée de départ m’avait séduite : des dessins retrouvés représentent des portraits d’enfants disparus dans les années 70. Mais la déception est vite arrivée : j’ai trouvé l’ensemble lent, le suspens quasi inexistant. J’en suis même arrivée à préférer les parties qui racontent l’histoire de la famille du galiériste Ethan Muller avant et à son arrivée en Amérique. Je l’ai lu jusqu’au bout pour voir si j’allais être étonnée par la fin, mais non, aucune surprise. C’est dommage car c’est bien écrit et certains passages sur le milieu de l’art contemporain new-yorkais sont réjouissants. C’est un premier roman, j’attends le prochain pour cerner tout à fait l’auteur.
Les anges aquatiques, Mons Kallentoft
Patrick et Cecilia Andergren sont retrouvés assassinés dans le jacuzzi de leur villa cossue. Leur fille adoptive, Ella, cinq ans, a disparu. Aussitôt, la police pense à l’enlèvement… mais il y a aussi le fleuve tout proche. Malin Fors, qui sait maintenant qu’après la grave blessure dont elle a été victime en service, elle n’aura sans doute plus d’enfant, prend l’affaire particulièrement à cœur.
Je ne connaissais pas Mons Kallentoft et je n’ai lu aucun des romans de sa première série sur les saisons "Hiver, Printemps, Eté, Automne, La cinquième saison" qui mettent en scène le personnage de Malin Fors, enquêtrice. J’ai donc débuté avec sa nouvelle série sur les éléments sans connaître les personnages récurrents, mais ça n’a pas été franchement dérangeant, tant l’intrigue est bien menée et la psychologie des protagonistes bien traitée.
C’est donc à Malin Fors qu’est confiée l’enquête sur le meurtre des Andergren et sur la disparition de leur fille Ella, une petite Vietnamienne adoptée. Pour Malin, retrouver cette enfant est avant tout un défi personnel, elle qui ne peut plus avoir d’enfant et qui se débat entre un compagnon volage et une fille avec qui le dialogue devient impossible. Et puis surtout, il y a sa lutte contre son vieux démon : l’alcool. Au travers de cette enquête on découvre les dessous de l’adoption entre le Vietnam et la Suède, tous ces enfants volés à leurs parents "un enfant contre un cochon" et la façon dont la Suède a "résolu" ce problème. L’intrigue est menée de main de maître, Kallentoft prend son temps mais sans jamais lâcher le lecteur, on piaffe d’impatience et on suit l’enquête avec voracité. Malin Fors est un personnage comme je les aime : ultra-sensible, torturée mais qui joue les fières à bras, elle est dévorée par la colère et la violence. Les autres membres de son équipe sont également très crédibles : plein de contradictions, de défauts mais attachants. Le style très fluide rend l’intrigue passionnante du début jusqu’à la fin.
Une très belle découverte que cet auteur et je vais me pencher sur sa première série pour découvrir les débuts de Malin Fors.
dimanche 24 août 2014
Purgatoire des innocents, Karine Giebel
Je m’appelle Raphaël, j’ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous venons de dérober trente millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
Je m’appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là...
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit...
Lecteur attention : en ouvrant ce livre, tout comme Raphaël, vous « mettez les pieds en enfer »…
L’histoire débute par un casse dans une bijouterie et ce qui aurait pu être banal, va devenir hors du commun tant la violence et la perversité sont omniprésentes. Les personnages sont happés par une spirale infernale que rien ne laissait entrevoir. Tout d’abord il y a Raphaël, le chef de la bande, casseur « à l’ancienne », avec son code d’honneur ; son petit frère William qui voue une admiration sans borne à son aîné ; puis Fred, un ancien compagnon de route de Raphaël et enfin Christel, la petite amie de Fred. Tous les quatre font un casse qui se termine par une fusillade : un flic et une passante sont tués, et William est blessé. S’ensuit une course poursuite avec les forces de l’ordre à qui ils parviendront à échapper. Devant la gravité de la blessure de Will, ils s’arrêtent dans un petit village où le corps médical est représenté par une vétérinaire, Sandra, qu’ils vont prendre en otage et séquestrer le temps que Will soit en mesure de poursuivre la route. Sandra vit à l’écart du village, son mari est en déplacement et ne devrait pas tarder à rentrer ; Raphaël est confiant, il ne craint pas un otage en plus. Et c’est là toute son erreur. Va commencer alors un huis-clos implacable qui nous entraîne dans des abîmes sans fond. Karine Giebel ne nous lâche pas une seconde. Au travers de ses personnages elle nous entraîne toujours plus loin dans la perversité et l’horreur et j'ai eu beaucoup de mal à lire certains passages, tant la violence était présente, c’était parfois à la limite de l’overdose. Elle nous plonge dans la noirceur de la nature humaine sans nous laisser respirer un seul instant jusqu’au dénouement final. Ses personnages sont ciselés à la perfection, les émotions sont exacerbées au maximum et sa maîtrise transforme un banal fait divers en une intrigue vertigineuse qui nous mène tout droit en enfer. Je suis sortie totalement KO de cette lecture et je me demande ce que Karine Giebel nous réserve dans son prochain livre et ce qu'elle pourra faire de mieux dans le "pire" que ce « Purgatoire des innocents ».
dimanche 17 août 2014
Demain j'arrête, Gilles Legardinier
Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ? Au début, c’est à cause de son nom rigolo que Julie s’est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu’il semble cacher... Parce qu’elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants...
Voici un peu de détente entre deux thrillers… Julie, célibataire un peu « Madame Folledingue » se met en tête de savoir qui est ce mystérieux voisin qui vient d’emménager au-dessus de chez elle, et comme elle ne fait pas « dans la dentelle », les situations abracadabrantes et les quiproquos s’enchaînent à la vitesse grand V. Elle est entourée d’une galerie de personnages aussi délirants qu’improbables, en passant de ses copines totalement déjantées à son ami d’enfance et sa fameuse XAV-1 ou encore sa boulangère. Le rythme est enlevé, les chapitres courts et le tout se lit rapidement et aisément. C’est une histoire « gentille » qui respire les bons sentiments, l’idéal pour la plage… mais pas plus.
Le tueur de l'ombre, Claire Favan
Will Edwards, tueur en série de la pire espèce, parvient à s’évader grâce à un mystérieux complice. RJ Scanlon, profiler et chef d’une équipe d’enquêteurs du FBI qui l’avait lui-même mis sous les barreaux, part à nouveau sur les traces de son ennemi le plus intime. Intime au point que cette évasion perturbe le couple que l’enquêteur forme désormais avec Samantha, qui n’est rien moins que... l’ex-épouse du criminel qu’elle a livré à la police. Nul doute que Will Edwards veut sa vengeance.
Inexplicablement, l’assassin reste inactif et les mois s’écoulent. RJ Scanlon est dans l’impasse. Mais, lorsque les meurtres reprennent, plus cruels que jamais, Edwards frappe au plus juste avec une telle évidence que le doute s’installe. De subtiles variations dans la signature du dément sont perceptibles. Ont-ils affaire à un imitateur? Non, bien pire...
Au début de ce « Tueur de l’ombre » Will Edward est en prison, Samantha (son ex épouse) est en couple avec RJ Scanlon et ils ont un bébé. Tout est donc parfait dans le meilleur des mondes. Sauf que… Il suffira d’un coup de téléphone annonçant l’évasion de Will pendant un transfert pour que toutes les certitudes s’effondrent. Sam et RJ savent que Will va chercher à se venger et leur vie va tourner au cauchemar, d’autant plus que tout laisse à penser que Will a bénéficié d’une complicité lors de son évasion. Leurs nerfs sont mis à rude épreuve car pendant des mois, rien ne se passe, Will Edward semble s’être évaporé dans la nature… Jusqu’au jour où les meurtres reprennent, encore plus violents et pervers qu’auparavant, et même si la signature n’est pas tout à fait la même, tout laisse à penser que Will a repris du service. Et à partir de là, tout va s’enchaîner : la traque du tueur, les doutes de RJ sur le bien-fondé de son couple, Samantha à nouveau pointée du doigt par la police et la presse… Tous les personnages sont fragilisés, confrontés à leurs doutes, ils sont rattrapés par le passé et poussés dans leurs retranchements, ils n’auront pas d’autre choix que d’aller au bout d’eux-mêmes pour échapper à ce cauchemar.
Dans cet opus, Claire Favan met plus en avant la psychologie des personnages que dans « Le Tueur Intime », elle les confronte à leur propre noirceur, victime et bourreaux se confondent, et on arriverait (presque) à avoir de la compassion pour Will… et malgré quelques longueurs, elle réussit encore une fois à nous tenir en haleine de la première à la dernière page.
dimanche 3 août 2014
Les douze, Justin Cronin
Dans Le Passage, Justin Cronin avait imaginé un monde terrifiant, apparu à la suite d’une expérience gouvernementale ayant tourné à l’apocalypse. Aujourd’hui, l’aventure se poursuit à travers l’épopée des Douze, le deuxième volet de la trilogie monumentale de Justin Cronin.
De nos jours. Alors que le fléau déclenché par l’homme se déchaîne, trois étrangers naviguent au milieu du chaos. Lila, enceinte, est à ce point bouleversée par la propagation de la violence et de l’épidémie qu’elle continue de préparer l’arrivée de son enfant comme si de rien n’était, dans un monde dévasté. Kittridge, surnommé "Ultime combat à Denver" pour sa bravoure, est obligé de fuir pour échapper aux mutants viruls, armé mais seul et conscient qu’un plein d’essence ne le mènera pas bien loin. April, une adolescente à la volonté farouche, lutte, dans un paysage de ruines et de désolation, pour protéger son petit frère. Tous trois apprendront bientôt qu’ils n’ont pas été totalement abandonnés – et que l’espoir demeure, même au coeur de la plus sombre des nuits.
Cent ans plus tard. Amy et les siens – les héros du premier volet de la trilogie, qui se battaient dans Le Passage pour le salut de l’humanité – ignorent que les règles du jeu ont changé. L’ennemi a évolué. Les douze vampires modernes à l’origine de la prolifération des viruls ont donné naissance à un nouveau pouvoir occulte, incarné par le maléfique Horace Guilder, avec une vision de l’avenir infiniment plus effrayante encore.
Tout comme avec Le Passage, le premier opus de cette trilogie, il est difficile de parler de ce livre sans en dévoiler l’histoire.
Dans un premier temps, Les Douze nous entraîne 5 ans après l’invasion des viruls, ces humains devenus vampires à la suite d'expériences scientifiques. Cronin nous remet ainsi en mémoire les grandes lignes du Passage pour ensuite, nous faire faire un bon de 100 cents dans le temps. Dans cette seconde partie, le pouvoir est aux mains de Horace Guilder, un virul démoniaque qui règne sur une nouvelle société : "la nation". Il a tiré profit de cette apocalypse et a créé une société où règnent le chaos et la terreur, la majorité des humains sont réduits au rang d’esclave et chacun tente de survivre comme il peut. D’un autre côté, la résistance s’organise avec à sa tête Sergio, les attentats contre le pouvoir en place se multiplient et les représailles laissent toute la population exangue. Certaines descriptions nous replongent dans cette période sombre de la Seconde Guerre Mondiale et nous donnent cette même vision cauchemardesque de l’humanité. Et tout au long de cette histoire, on retrouve des personnages du précédent tome comme Peter, Alicia, Sarah ou Mickael tandis que de nouveaux apparaissent, mais le personnage principal, le fil rouge de l’histoire, c’est toujours Amy, "la fille de nulle part". Cronin nous livre des personnages très denses, on les aime, on les plaint, on s’y attache, on les déteste, et à travers eux, il a l’art et la manière d’entraîner le lecteur là où il le souhaite. Et même si je trouve ce deuxième volet plus noir que le précédent, avec ce face à face entre cette horde de viruls d’une brutalité terrifiante et les humains d’avant, il n’en reste pas moins que c’est un page-turner redoutablement efficace et gageons que le troisème volet à venir sera aussi intense.
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