jeudi 14 février 2013

La maison en pain d'épices, Carin Gerhardsen



La Suède est frappée par une série de meurtres barbares. Seul point commun entre les victimes, leur âge : 44 ans. À première vue ces personnes ne se connaissaient pas, mais à mieux y regarder, leurs chemins se sont bel et bien croisés, il y a longtemps, dans la petite ville de Katrineholm. À l'époque, tous fréquentaient la même école. Et le souffre-douleur de la classe s'appelait Thomas Karlsson. Aujourd'hui, Thomas est un homme effacé, asocial, aigri et... toujours en vie. Autant dire le coupable idéal. Surtout qu'il a été aperçu rôdant près du domicile des victimes. Thomas l'avoue, il nourrit encore de la rancune, beaucoup de rancune même, à l'encontre de ses anciens tortionnaires. Seulement ce n'est pas lui qui les a tués, il le jure ! Ils l'ont pourtant roué de coups, humilié, insulté, tyrannisé... Ils ont brisé sa vie. Alors si ce n'est pas lui, qui ? Qui avait un meilleur mobile pour les assassiner ?

Les premières pages font froid dans le dos, tant de cruauté chez des enfants paraît inconcevable, et pourtant… Ce début de roman laisse entrevoir une histoire haletante. Ensuite on retrouve ces enfants à l’âge adulte et là, l’intrigue se met en marche. Mais malheureusement, elle ne tient pas toutes ses promesses, loin s’en faut. Les meurtres succèdent aux meurtres, l’enquête de police n’apporte aucun suspens, celui qui paraît suspect n’est pas coupable bien sûr et peu à peu on devine le dénouement… Une histoire secondaire vient se greffer sur l’intrigue principale : l’enquête que mène Petra Westman pour confondre un violeur en série qui utilise « la drogue des violeurs ». Au cours de cette enquête on prend plaisir à la suivre dans ses recherches, c’est une femme têtue qui veut aller jusqu’au bout, même si elle doit y laisser sa carrière. Dommage que cette  intrigue ne soit que secondaire, car elle donne un rythme au roman. Malheureusement, la conclusion qui y est donnée m’a laissée dépitée, j’attendais un rebondissement qui, même s’il a été suggéré, n’est pas arrivé.
Un autre personnage tire son épingle du jeu : c’est Thomas Karlsson, le principal suspect. C’est une ombre qui passe de page en page, semant un doute raisonnable sur sa non-culpabilité. Avec lui on voit les ravages causés par une enfance saccagée par les sarcasmes et la violence perpétrée par des enfants sur celui qui devient au fil du temps leur tête de Turc. Quant au personnage principal, Sjöberg, je trouve qu’il manque de charisme, son personnage n’est pas assez approfondi, c’est un flic qui se débat entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, on se lasse vite de ses déboires familiaux. Mais le plus perturbant à mon avis, c’est le journal du tueur, il y décrit tous les sévices qu’il inflige à ses victimes, c’est trop gore à mon goût. Si j’ai lu les deux premiers « récits », j’ai passé systématiquement les suivants, c’était trop pour moi.
En résumé, un livre qui laisse un goût amer quand arrive la dernière page, mais comme c’est le premier d’une trilogie, souhaitons que les suivants seront « un cran au-dessus ».



Cyanure, Camilla Läckberg




Martin Molin accompagne sa petite amie Lisette sur l’île de Valö pour une réunion de famille juste avant Noël. Mais au cours du premier repas, le grand-père, un magnat industriel, meurt étouffé, juste après avoir annoncé à ses enfants qu’il les a déshérités. Martin se rend vite compte qu’il a été assassiné au cyanure. Une tempête de neige fait rage, l’île est isolée du monde et Martin décide de mener l’enquête. Offrant une pause à Erica Falck, Camilla Läckberg tisse un polar familial délicieusement empoisonné.

Dans « Cyanure » nous retrouvons Martin, l’un des équipiers de Patrick Hedström, le personnage fétiche de Camilla Läckberg. Mais ce pauvre Martin se retrouve seul le temps d’un week-end pour résoudre une histoire de meurtre… Un huis-clos qui n’a rien de bien nouveau, on retrouve tous les ingrédients aux histoires de famille avec son lot de secrets plus ou moins avouables, les intrigues des uns et des autres, les non-dits… le tout dans un lieu coupé du monde par une tempête de neige. On a l’impression d’assister à une partie de Cluedo, et lorsqu’arrive la fin, on a le droit à un « Bon sang, mais c’est bien sûr » digne d’un commissaire Bourrel et de ses « Cinq dernières minutes » !
Et même s’il n’y a rien de neuf dans ce style d’intrigue, c’est un livre qui se laisse lire d’une seule traite sans pour autant s’ennuyer.


samedi 2 février 2013

Le tag de la nouvelle année


 J'ai été taguée par Zina 
http://lespipelettesenparlent.blogspot.fr

Les règles du jeu sont les suivantes :
- Répondre aux 5 questions ci-après.
- Ajouter le logo et les consignes.
- Nominer 3 blogueurs ou blogueuses de ton choix.
- Les prévenir par commentaire.
- Ne pas oublier d’écrire une petite ligne de remerciement pour le blogueur ou la blogueuse à l’origine de la nomination (avec un lien sur son blog de préférence). 

 • Fais-nous un rapide bilan de 2012 en choisissant un top et un flop littéraire : 
Pour le top le choix est difficile, je n'arrive pas à départager deux romans "Les enfants de cendre" de Kristina Ohlsson et "Avant d'aller dormir" de S.J. Watson. Ces deux romans ont été de vrais moments de plaisirs livresques. Mais j'ai eu également des coups de cœur pour d'autres auteurs, mais s'il faut choisir…
Quant aux flops, il y en a eu quelques-uns, mais le roman qui m'a vraiment déçu c'est "Red Room Lounge" de Megan Abbott, car je n'ai pas arrivé à accrocher. Pourtant l'histoire, l'atmosphère et la psychologie des deux personnages féminins étaient intéressants, mais je me suis ennuyée et je n'ai pas pu finir… dommage !

• Quelles sont tes bonnes résolutions livresques pour l’année 2013 ?
Pas facile, je ne suis pas du genre à prendre des résolutions car elles sont faites pour ne pas être tenues… Peut-être essayer de lire de la Fantasy, genre littéraire que j'avais essayé en d'autres temps et qui ne m'avait pas séduite, mais plus sûrement, je devrais m'obliger à lire des textes en anglais…

• Quels auteurs découverts en 2012 souhaites-tu continuer à lire en 2013 ? 
J'ai eu la chance de découvrir ces auteurs "venus" du froid et que je vais suivre cette année encore : Camilla Läckberg et Kristina Ohlsson mais je vais continuer à suivre aussi S.J. WatsonJohn HartLeigh RedheadLaura Lippman et Margie Orford.

• Donne-nous les 3 premiers livres de ta PAL 2013 et explique-nous ce choix : 
Les trois livres que je dois lire absolument en 2013 ? Tout d'abord "Pride and Prejudice" de Jane Austen et en anglais, j'adore cette histoire… Mais il passe des étagères à la table de nuit… pour retourner aux étagères ! Ensuite, "Comme un écho errant" de Jean Meckert, je voulais le commencer il y a un moment déjà mais je ne l'ai toujours pas fait… Et le petit dernier, "Disparue" de Chris Jordan, j'ai été séduite par le résumé mais je n'ai pas pris le temps de lire, pourquoi ? Aucune raison particulière… 

• Pour finir, un souhait livresque ?
Comme la majorité des "addicts" : avoir encore plus de temps pour pouvoir lire encore plus de livres…

Je transmets à Licorne, Liliba et Taylor



Des ombres dans la rue, Susan Hill




L'inspecteur Simon Serrailler profite de vacances bien méritées à Taransay, petite île sauvage à l'ouest de l'Écosse, après une difficile opération pour le compte du BIVR (Brigade d'intervention volante rapide), quand il est rappelé en urgence à Lafferton par sa supérieure. Deux prostituées ont été retrouvées étranglées, et le temps qu'il revienne, une troisième est portée disparue. S'agit-il de l'œuvre d'un pervers et de meurtres en série ? Est-on en présence d'un nouveau Jack l'Éventreur ou ces disparitions n'ont-elles rien à voir les unes avec les autres ? Quand, à leur tour, la femme du nouveau doyen de la cathédrale puis une jeune mère de famille qui se rendait à son travail en bicyclette manquent à l'appel, le mystère s'épaissit. Chaque piste mène à une impasse, la police piétine dans ses enquêtes et la population de Lafferton exprime une peur et un mécontentement, croissants, relayés, bien sûr, par les médias. Serrailler se retrouve propulsé au cœur même de l'enquête, lorsque Cate, sa propre sœur, devient la cible du meurtrier...

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Susan Hill et son personnage fétiche Simon Serrailler. Dès les premières pages, je me suis replongée dans mes dernières vacances en Ecosse, je ne connais pas l’île de Taransay, mais son descriptif m’a fait penser à l’île de Skye… Revenons à Simon Serrailler. Le voici à nouveau confronté à une enquête qui vient chambouler la tranquillité de la petite ville de Lafferton. Des prostituées sont tuées, une femme « bien sous tous rapports », la femme du doyen de la cathédrale, disparaît et une mère de famille sans histoire est à son tour assassinée. Beaucoup d’éléments à mettre en place ! Apparaissent également deux nouveaux flics : Ben Vaneck et Steph Mead, l’un admirateur sans faille de Simon Serrailler et la seconde, plutôt blasée. On retrouve également Cat, la sœur de Simon, qui se remet doucement mais pas sûrement du décès de son mari, on la voit souffrir, douter, essayer de se projeter dans l’avenir… Son personnage a plus d’épaisseur que dans les précédents opus, sa fragilité la rend encore plus attachante… Quant à Simon, il reste fidèle à lui-même : bon flic, mais manquant toujours de confiance en lui, doutant de ses capacités à être un bon frère, un bon fils, un bon oncle… quant à être un bon compagnon ou mari… là, c’est une autre histoire.
Si j’ai bien retrouvé le style de Susan Hill et l’atmosphère so british qu’elle donne à ses ouvrages, j’ai été un peu déçue de la façon dont elle conduit l’intrigue : ça manque de rythme, de rebondissements, de suspens. Elle laisse la part belle à une chronique sur Lafferton et ses habitants, reléguant l’enquête policière au second plan. Et si elle nous entraîne dans une certaine direction avec un suspect "idéal", elle ne nous convainc pas vraiment et on voit la fin arrivée sans grande conviction, les doutes sur le véritable assassin deviennent des certitudes au fil des dernières pages… Un personnage tire son épingle du jeu, c’est celui de Abi, une des prostituées : on côtoie son quotidien et les difficultés auxquelles elle est confrontée, elle est extrêmement attachante dans son espoir de "pouvoir quitter bientôt" cette vie qu’elle mène pour offrir à ses deux enfants une vie meilleure…
Meilleur… ce n’est pas le terme que j’emploierai pour qualifier ce roman de Susan Hill, il est un peu trop "mou" à mon goût et n’entre pas dans la lignée de tout ce qu’elle a écrit auparavant.  Mais elle n’en reste pas moins une auteure que je continuerai à suivre !


mercredi 23 janvier 2013

Avant d'aller dormir, S.J. Watson




À la suite d'un accident survenu une vingtaine d'années plus tôt, Christine est aujourd'hui affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu'elle a en fait 47 ans et qu'elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu'elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.


« La chambre à coucher est étrange. Inconnue. Je ne sais pas où je me trouve, ni comment je suis arrivée ici. Je ne sais pas comment je vais rentrer à la maison. » C’est sur ces mots que commence le roman, et avec ce début, le long chemin de Christine pour tenter de retrouver la mémoire. Suite à un accident, elle est devenue amnésique, chaque matin, lorsqu’elle se réveille, elle a oublié qui elle est. Chaque matin, elle se pose la même question : qui est cette femme trop vieille d’une vingtaine d’années qu’elle voit dans la glace. Et qui sont ces personnes qu’elle côtoie au quotidien, son mari d’abord, Ben, toujours à ses côtés après toutes ces années et prêt à lui ré-expliquer chaque jour son passé ; puis son psy qui lui conseille d’écrire un journal. C’est ce journal qu’elle relit chaque jour qui va l’aider à avancer mais aussi lui faire douter de ce qui l’entoure, elle commence à croire que Ben lui ment ou qu’il « arrange » la vérité… que son psy n’est peut-être pas aussi sincère qu’il y paraît… et puis il y a ces flashs qui surgissent du passé : est-ce de vrais souvenirs ou est-ce des souvenirs qu’elle s'invente ? Avec toutes ces interrogations, l’auteur met en marche une machine diabolique qui nous entraîne dans les affres du doute et de l’angoisse. On s’attache à Christine dès les premières lignes et on lutte avec elle dans sa recherche de savoir qui elle est et comment elle en est arrivée à cette vie qui ne lui appartient pas, et ce, jusqu'à la dernière page du livre. Je dois bien avouer que cette fin m'a scotchée, je n’avais rien vu venir… Et même après la dernière page tournée, je n'ai pas décroché tout de suite, encore sous l'emprise de ce suspens psychologique.  
Pour un premier roman, c’est un coup de maître, et j’ai hâte de voir arriver le prochain ! Encore merci à Licorne de m’avoir conseillé ce livre, ce fut un réel plaisir de lecture !

dimanche 13 janvier 2013

Le Prédicateur, Camilla Läckberg




Dans les rochers proches de Fjällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond an même endroit, deux squelettes de femmes...
L'inspecteur Patrik Hedström est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne.
Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont cer­tainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche. Ephraïm. magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons. Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent.
Alors que Patrik assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s'allonge...

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé les protagonistes de « La Princesse des glaces ». Cette fois-ci, Camilla Läckberg met l’accent sur le personnage de Patrick et des autres policiers de Fjällbacka, laissant Erica en retrait, car cette dernière, enceinte plus++, ne participe pas directement à l’enquête. Un autre personnage est nettement moins présent, c’est Mellberg, et la mésaventure dont il est la victime est un délice…
L’intrigue démarre sur les chapeaux de roue avec la découverte de trois cadavres de femmes, un récent et les deux autres beaucoup plus anciens, suivie par la disparition d’une adolescente, le tout sur fond d’été, de touristes et de canicule. Toute l’histoire va se dérouler autour d’une même famille qui est divisée : d’un côté, les membres les plus aisés et ayant pignon sur rue, et de l’autre, la « mauvaise graine »… Cette famille cache de sombres secrets qui ne datent pas d’hier et tout tourne autour de la personnalité du grand-père Ephraïm, le prédicateur, et des actes qu’il a pu accomplir par le passé… Et ces actes entraînent une répercussion sanglante dans le présent… Les indices sont dévoilés avec parcimonie, nous entraînant d’une piste à l’autre, sans jamais nous dévoiler le fin mot de l’histoire et les rebondissements sont légions, nous entraînant sans temps mort jusqu’au dénouement final. Et pendant ce temps, Erica se bat avec ses soucis de fin de grossesse, avec l’invasion de cousins, s’incrustant pendant les vacances ; si elle n’a plus le premier rôle « d’enquêtrice », elle est le lien avec le quotidien, avec la banalité des choses, ce qui permet à Patrick de rester ancrer dans la réalité et de ne pas se laisser envahir par la violence de son enquête.
Encore une fois, l’intrigue et la psychologie des personnages sont travaillées au plus juste, nous offrant un suspens du début jusqu’à la fin du roman, sans jamais nous lasser. A lire sans modération !


dimanche 30 décembre 2012

La maison d'à côté, Lisa Gardner




Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu. Seul témoin : sa petite fille de quatre ans. Suspect nº 1 : son mari Jason. Dès que l'inspectrice D.D. Warren pénètre chez les Jones, elle sent que quelque chose cloche : les réticences de Jason à répondre à ses questions, son peu d'empressement à savoir ce qui a bien pu arriver à son épouse « chérie ». Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille ? Mais de qui ? Après Sauver sa peau, une nouvelle enquête particulièrement surprenante de la non moins surprenante D.D. Warren. Vous ne regarderez jamais plus une porte déverrouillée, une fenêtre entrouverte ou une page Web de la même façon...

Un  livre qui démarre sur les chapeaux de roue avec tous les ingrédients d’un bon thriller : bonne intrigue, personnages attachants, révélations distillées au compte goutte. On découvre au fil des pages que, comme le dit si bien l’adage « il ne faut pas se fier aux apparences ». Car sous les apparences d’une famille unie, se cachent des zones d’ombre et des blessures. Que ce soit le bon père de famille ou la maman modèle, tous deux ont des choses à cacher et lorsque l’on gratte le vernis, on s’aperçoit que tout n’est pas rose dans le meilleur des mondes, au contraire… Le tout est distillé par l’auteure de façon à nous faire perdre pied, on pense avoir compris qui est qui, qui a fait quoi, mais on est rapidement emporté sur d’autres pistes qui nous laissent dans la plus totale interrogation ! L’aspect psychologique des personnages prime sur l’intrigue et nous emporte dans un monde de suspicion, de cruauté, le tout avec beaucoup de tact et sans tomber dans le voyeurisme. Un petit regret : le dénouement qui est à mon goût un peu trop tiré par les cheveux et manque de crédibilité, et c’est dommage car le suspense a été habilement mené jusqu’à la fin. A lire malgré tout sans modération.


dimanche 16 décembre 2012

La Princesse des glaces, Camilla Läckberg




Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’oeuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.
A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide.
Au-delà d’une maîtrise évidente des règles de l’enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et – tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol – disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.


C’est le premier roman de Camilla Läckberg que je lis, et je ne suis pas déçue, loin s’en faut ! Il recèle tous les ingrédients d’un bon polar : intrigue bien ficelée, rebondissements, personnages bien dessinés… J’ai donc été happée dès les premières pages et je le suis restée jusqu’à la fin ! Seul petit bémol : quelques tournures de style pas très académiques, peut-être dues à la traduction…
L’héroïne, Erica, écrivain, est de retour dans son village après le décès accidentel de ses parents. Elle se trouve confrontée au suicide (meurtre ?) de son amie d’enfance et se retrouve mêlée à l’enquête. Elle a une personnalité attachante : tout en pudeur, mais aussi acharnée à découvrir la vérité, elle est tout à fait dans l’air du temps avec ses rondeurs qu’elle essaie d’effacer avec les culottes gainantes et autres collants « ventre plat », tout ça pour plaire à son ami d’enfance, qui n’est autre que le policier en charge de l’enquête. Outre que c’est un flic des plus banal, pas le super-héros, il est intuitif et il est de la même veine qu’Erica avec ses doutes et sa naïveté quant à la nature humaine. Leur romance débutante peut apparaître un tantinet classique mais il n’en est rien, elle est ancrée dans un quotidien qui fait naître des doutes sur soi et sur l’autre. Les autres personnages qui gravitent autour de ce couple sont complexes. Camilla Läckberg nous offre une palettes de personnages fort bien décrits, on les soupçonne, on les déteste, on compatit à leur souffrance… Le tout dans une atmosphère de petite ville de province où les apparences et les non-dits sont plus importants que la vie elle-même. Si petit à petit on aperçoit un soupçon de solution, Camilla Läckberg nous tient en haleine jusqu’à la dernière page en nous distillant peu à peu les éléments qui nous font arriver au dénouement de l’histoire.
Camilla Läckberg est une auteure à mettre bien en évidence dans sa bibliothèque !

dimanche 2 décembre 2012

Un danger dans la nuit, Lisa Jackson





Je sais ce que tu as fait, confesse tes péchés…
En écoutant ce message sur son répondeur, la psychologue Samantha Leeds plonge en plein cauchemar. Car l’appel lui rappelle le drame qui a marqué sa vie : le suicide d’Annie, une jeune auditrice perturbée qu’elle n’a pas pu sauver. Terrifiée, Samantha l’est d’autant plus que le harceleur est devenu un tueur qui viole et étrangle ses victimes en écoutant son émission. Tandis que les inspecteurs Bentz et Montoya pistent le meurtrier, Samantha se réfugie auprès de Ty Wheeler, son nouveau voisin, le seul homme auquel, croit-elle, elle peut encore faire confiance…

Si l’intrigue de départ permet d’espérer un roman haletant, j’ai été vite déçue… Bien sûr il y a tous les ingrédients : meurtres, policiers, la ville de La Nouvelle Orléans omni-présente, mais il manque la petite touche qui permet de plonger dans l’histoire avec avidité. Ici, les scènes s’enchaînent, la mécanique est bien huilée, cela va sans dire. Les personnages n’ont pas assez d’envergure, surtout les deux policiers Bentz et Montoya, leur personnalité est juste ébauchée, et c’est bien dommage, car c’est un duo qui fonctionne bien. Quant aux deux héros Samantha et Ty, ils ne me paraissent pas assez crédibles. Samantha est trop lisse, elle ne donne pas l’impression d’être réellement concernée par ce qui lui arrive. Ty, lui, c’est LE héros par excellence : beau, fort, au charisme indéniable, ancien flic de surcroît… tout pour plaire !! Leur rencontre est bien évidemment inévitable, tout comme leur romance. Seul le personnage du tueur tire son épingle du jeu, il interpelle, on essaie de comprendre le pourquoi de sa fixation sur Samantha. Seul petit bémol, on découvre un peu trop rapidement qui il est…
En résumé, un livre qui ne restera pas dans les annales…



samedi 17 novembre 2012

Les enfants de cendre, Kristina Ohlsson


Au milieu d'un train bondé, une petite fille disparaît. En dépit d'une centaine de témoins potentiels, personne n'a remarqué quoi que ce soit. Sa mère était descendue sur le quai pour passer un coup de fil, et n'a pu regagner le train à temps. Affolée, elle a alerté les contrôleurs qui ont gardé un oeil protecteur sur l'enfant endormie. Pourtant, à l'arrivée en gare de Stockholm, la fillette s'est volatilisée. On ne retrouve que ses chaussures sous la banquette... Une équipe de police, assistée par l'enquêtrice Fredrika Bergman, est chargée de l'affaire. Mais quand l'enfant est découverte dans le nord de la Suède, morte, les mots « non désirée » inscrits sur le front, le dossier se transforme en cauchemar : un tueur impitoyable est dans la nature, et la petite Liliane n'est que la première d'une longue liste...

Dès les premières pages de ce livre on sait que l’on va se retrouver face à l’horreur… Le point de départ peut paraître banal pour un thriller : la disparition d’une enfant. Mais il n’en ait rien, bien au contraire, cette disparition va nous entraîner dans une spirale infernale. L’enquête nous mène de fausses pistes en rebondissements, et ce, jusqu’à la fin. Les personnages qui constituent l’équipe chargée de l’enquête ne sont pas de super héros, bien au contraire. Alex Recht, flic depuis plus de vingt-cinq ans est le chef de cette équipe, sa solide réputation le met au premier plan de toutes les enquêtes de disparition d’enfants, mais derrière cette façade se cache un homme qui a des moments de doute et qui s’interroge, aussi bien sur le plan professionnel que personnel, cette faiblesse le rend très attachant. Quant à Peder Rydh, il est en admiration devant Alex et cherche à lui plaire. Il n’est pas très ouvert, imbu de sa personne et se laisse envahir et dépasser par ses problèmes personnels. Fredrika Bergman, elle, est la nouvelle de l’équipe et elle n’est pas très bien acceptée de ses deux collègues masculins, car elle n’a pas commencé au bas de l’échelle, elle a fait l’université et est trop « cérébrale » pour eux. Pourtant, c’est grâce à son esprit d’analyse que l’enquête avance vers de nouvelles pistes. Un accident dans sa jeunesse a fait voler en éclats tous ses rêves et lui a forgé une personnalité que l’on juge froide au premier abord, mais au fil des pages, on s’aperçoit que ce n’est qu’une façade qui cache toutes ses souffrances et ses doutes.
Les chapitres, courts, donne un style dynamique à l’ouvrage et l’intrigue est menée de main de maître. On ne s’ennuie pas un seul instant, les fausses pistes succèdent aux rebondissements, et si le coupable n’a pas de « personnalité propre », il est présent à chaque détour de page et nous glace d’effroi.
En résumé, un livre à lire sans aucune modération et s’il est le premier de Kristina Ohlsson, j’ai hâte de me plonger dans « La fille au tatouage », le second opus mettant en scène Fredrika Bergman.

Un mot sur l'auteur
Kristina Ohlsson, jeune auteure surdouée, est analyste pour la Police nationale suédoise. Elle a aussi travaillé au ministère des Affaires étrangères en tant qu'experte du Moyen-Orient. Elle partage son temps entre ses missions dans la police et l'écriture des enquêtes de Fredrika Bergman.