dimanche 16 février 2014

Henri Cartier-Bresson, le photographe du siècle

En hommage à Cartier-Bresson disparu il y a maintenant 10 ans, Beaux Arts Magazine et le Nouvel Observateur sortent un hors-série consacré au "photographe du siècle" connu pour sa captation de "l'instant décisif". Outre les témoignages de Depardon, Salgado et bien d'autres, on découvre des aspects plus méconnus de son œuvre comme ses photos en couleurs ou ses croquis. Les clichés de ses rencontres avec Alberto Giacometti, William Faulkner ou les Joliot-Curie sont un pur chef-d'œuvre. On suit son parcours, son engagement politique, son attirance pour le surréalisme et le cinéma. Et surtout, on suit le Cartier-Bresson voyageur avec ses grands photo-reportages retraçant ses voyages en Chine et l'arrivée du communisme ou ses séjours en URSS.  Passionnant. Toutes ces photos ont marqué l'histoire du photo-journalisme et restent des références en la matière.
Un hors-série très bien conçu pour les afficionados et les autres.
Une vaste rétrospective de son œuvre se tient également du 12 février au 9 juin 2014 au Centre Pompidou.

vendredi 31 janvier 2014

L'enfant allemand, Camilla Läckberg

La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné... Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l'histoire de son héroïne et celle d'une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu'Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique.

Le résumé et le visuel de la couverture me laissaient entrevoir une histoire prenante, à la hauteur des meilleurs romans de Camilla Läckberg. Mais déception, c'est plus le roman d'une saga familiale sur fond de meurtres et de Seconde Guerre Mondiale, qu'un roman policier. Il est vrai que mélanger histoires de famille et meurtres c'est aussi la marque de fabrique de Camilla Läckberg, mais là où je l'ai apprécié dans ses précédents romans, dans celui-ci, je trouve que cette fois-ci, ça casse le rythme de l'intrigue. Et c'est dommage, car cette intrigue est passionnante avec ses retours en arrière pendant la guerre qui nous permet aussi de voir l'implication de la Suède dans le conflit et ses répercussions de nos jours. Mais on devine très vite qui est qui et qui a fait quoi, et on s'essouffle rapidement. Même le commissaire Melberck qui apportait une note d'humour décalé, devient ennuyeux ! Je reste sur ma faim avec cet opus et je vais laisser "La sirène" et le "Gardien de phare" de côté pour l'instant.

mercredi 1 janvier 2014

Quand l'empereur était un dieu, Julie Otsuka


Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor, une famille de Berkeley brutalement arrachée à sa demeure est déportée par le FBI à la frontière du désert. Ses origines japonaises suffisent à justifier l’emprisonnement, la peine et l’humiliation. Trois ans auxquels chacun doit survivre, agrippé aux joies passées, pour tenter de se reconstruire dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

« Quand l’empereur était un dieu » est le premier roman de Julie Otsuka, et tout comme « Certaines n’avaient jamais vu la mer », je l’ai adoré. Il relate l’histoire d’une famille de Japonais après l’attaque de Pearl Harbor. Le père a été arrêté par le FBI et la seule image qui reste de lui, c’est son départ en pyjama et en pantoufles au petit matin. Ses lettres arrivent d’un camp où il est retenu prisonnier avec d’autres Japonais qui peu de temps auparavant éaient considérés comme des citoyens américains lambdas… Puis un jour est placardé l’ordre d’évacuation n° 19 : la femme, la fille et le fils doivent quitter leur maison à leur tour pour rejoindre un convoi qui les emmènera dans un autre camp d’emprisonnement. On assiste au long voyage en train et à l’arrivée au camp. Là la vie est rythmée simplement par la sonnerie des sirènes, les repas sans baguettes et les saisons qui passent. La vraie vie s’est arrêtée à l’entrée du camp, chacun attend la fin du conflit avec l’espoir de pouvoir rentrer chez lui et de reprendre sa vie d’avant. Mais quand arrivent la fin des hostilités et le retour à la vie « d’avant » rien n'est plus comme avant…
La force de ce récit est avant tout le style de Julie Otsuka, elle ne donne pas de nom aux personnages, c’est simplement la mère, le père, la fille et le fils, ainsi elle relate l’histoire de tous ces Japonais qui ont été emprisonnés simplement parce qu’ils avaient le visage de l’ennemi, mais son récit est sans rancœur ni jugement. Un livre émouvant qui ne laisse pas indifférent.

dimanche 22 décembre 2013

Elle savait, Lee Child


Ligne 6 du métro de New York. Monté à la station Bleeker, l’ex de la police militaire Jack Reacher remarque qu’il n’y a que cinq passagers dans le wagon et que le cinquième, Susan Mark, a tout du terroriste prêt à se faire sauter pour Allah. Et la rame se dirige vers la gare de Grand Central…
Sauf qu’il est 2 heures du matin et que faire exploser une bombe sous une gare presque vide à cette heure ne tient pas debout. Pourtant, selon les critères du Mossad, Susan correspond en tous points à l’auteur potentiel d’un attentat suicide. Reacher s’approche d’elle et est sur le point de la désarmer lorsqu’elle se suicide sous ses yeux.
L’enquête montre vite qu’il s’est passé quelque chose entre Susan et Reacher avant son décès. Et ce quelque chose, Al-Quaeda, le FBI, le NYPD, la CIA, les Russes et un sénateur encombrant le veulent.

Et voici mon « poor lonesome cow boy » préféré de retour ! J’ai retrouvé avec plaisir un Jack Reacher au mieux de sa forme. Ancien de la police militaire, c’est un loup solitaire, sans domicile fixe, qui va de ville en ville sans destination précise, avec pour seul bagage sa brosse à dents. Et comme toujours, les ennuis lui tombent dessus au détour d’une rue, ou comme ici, dans le métro. Il est assis face à une femme dont le comportement lui laisse à penser qu’elle est une kamikaze prête à se faire exploser et quand il essaie de la raisonner, elle se suicide. Sa mort va plonger Reacher dans les ennuis et il va se retrouver poursuivi par une « meute » de personnages dont il ne sait jamais qui est le bon qui est le méchant. Ce dont il est sûr c’est que tous veulent savoir ce que la femme lui a donné avant de mourir. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la « méthode » Reacher : il explique le pourquoi du comment de tout ce qu’il fait, on le suit pas à pas dans ses raisonnements et l’on se retrouve au cœur de l’action. Son côté cynique fait également merveille : il transforme certains personnages en de bonnes vieilles caricatures de films de série B. Encore une fois, Lee Child ne nous laisse aucun répit et nous rend complètement accro à l’histoire de la première à la dernière page. L’intrigue est menée tambour battant et les dialogues sont excellents. Un vrai bonheur !



dimanche 8 décembre 2013

L'oiseau de mauvais augure, Camilla Läckberg


L’inspecteur Patrick Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. la ville de Tanumshede s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrick un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène? Un sombre pressentiment s’empare de l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...

Une nouvelle enquête pour Patrick Hedström et toute son équipe, ou plutôt deux enquêtes en parallèle. En effet, ce qui semblait n’être au départ qu’un banal accident de la route avec la conductrice sous l’emprise de l’alcool, va s’avérait être toute autre chose. Quant à la seconde, elle plonge le lecteur dans le monde de la téléréalité avec une émission au nom ”prometteur” de ”Fucking Tanum” qui s’installe dans la petite ville.
Comme à son habitude, Camilla Läckberg pose le décor, installe les intrigues en faisant le parallèle entre le passé et le présent, et nous entraîne au fil des pages dans une histoire que l'on suit avec plaisir. Dans ce quatrième opus, elle met un peu plus en avant les personnages récurrents que sont Martin, Annika, et Melberg. Et puis arrive une nouvelle recrue Hannah qui vit avec son mari, le psychologue de l'émission de téléréalité, un couple étrange qui semble porter de lourds secrets. Et bien sûr, on retrouve avec plaisir Erica et Patrick, en plein préparatifs de mariage et l'on partage leur quotidien pas toujours très serein. Et même si Patrick est le fer de lance de l'équipe, il n'a rien du super héros. Vient ensuite une galerie de portraits très justes des participants à l'émission, on se trouve face à des jeunes totalement paumés, ayant perdu leurs repères, voulant se faire un ”nom” pour être reconnus et avoir l'impression de vivre, trainant chacun des casseroles qui leur ont laissé des fêlures qu'un rien pourrait faire ressurgir. Et même si on entrevoit le dénouement de l'intrigue, le suspense est bien présent et l'ensemble se lit avec un réel plaisir. Tant et si bien que le prochain ”L'enfant allemand” m'attend déjà dans mes étagères!





dimanche 24 novembre 2013

La garçonnière, Hélène Grémillon


Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987. C’est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout. Les êtres humains, si. 

Si la question de ce livre est « qui a tué Lisandra », l’intrigue policière ne sert que de trame à une galerie de personnages qui ont tous en commun la souffrance et dont les sentiments sont exacerbés par cette souffrance. 
Lisandra tout d’abord, danseuse de tango et femme éperdument amoureuse de Vittorio son mari psychiatre, mais tellement fragilisée par d’anciennes blessures. Et quand la flamme qui la relie à Vittorio commence à s’éteindre tout doucement, elle est envahie par les affres de la jalousie « Je suis comme une vigie. Absorbée par le désastre à venir ». « J’ai des alertes plein la tête. Le danger règne en permanence ». Toutes ces pages où elle relate à Pepe, son professeur de danse, le lent cheminement de la jalousie dans sa vie, nous entraînent avec elle dans sa descente aux enfers. Ces phrases de Lisandra quand elle parle de Vittorio « Le désamour est progressif. Avant de n’aimer plus, on aime moins. Et encore moins et plus du tout. » résument à elles seules tout son désespoir.
Il y a aussi Vittorio, le psychiare, son mari. Pour la police, c’est lui qui a tué Lisandra, c’est tout « simplement » un drame passionnel. Vittorio, qui est celui par qui tout arrive. De pages en pages, on le découvre sous un jour nouveau et pas très flatteur…
Et puis il y a Eva-Maria, une des patientes de Vittorio qui est convaincue de son innoncence et qui va mener l’enquête. Mais Eva-Maria est abîmée par la vie : sa fille Stella a été éliminée par la junte. Et du jour de sa disparition, la vie d’Eva-Maria s’est arrêtée, elle a sombré dans l’alcool, son mari l’a quitté. Seul Esteban, son fils est resté à ses côtés. Ce fils qu’elle a oublié et qu’elle ne voit pas, et qui souffre de ce manque d’amour. En écoutant les enregistrements des cassettes des séances des patients de Vittorio, elle va être plongée à nouveau dans les horreurs commises par la junte et sa vie qu’elle essayait tant bien que mal, de remettre dans la « normalité », va de nouveau basculer dans le cahot. D’autres personnages vont passer au fil des pages, tantôt bourreau, tantôt victime, mais Eva-Maria ne saura jamais qui a tué Lisandra. Et le dénouement de l’intrigue arrive, terrible, nous laissant un goût amer.
Bien plus qu’un simple polar, « La Garçonnière » est pour moi un roman où les sentiments et la passion ont le rôle principal. L’amour, la solitude, la jalousie, la culpabilité sont décrits avec tellement de justesse, que même refermé, ce livre ne nous lâche pas.
Je ne connaissais pas Hélène Grémillon, mais cette découverte est superbe et son premier roman « Le confident » est mis sur la liste de mes prochaines lectures.

Merci à Price Minister et aux Editions Flammarion pour cette superbe lecture.


dimanche 3 novembre 2013

Thérapie, Sebastian Fitzek


Josy, douze ans, la fille du célèbre psychiatre berlinois Viktor Larenz, est atteinte d’une maladie qu’aucun médecin ne parvient à diagnostiquer. Un jour, après que son père l’a accompagnée chez l’un de ses confrères, elle disparaît. Quatre ans ont passé. Larenz est toujours sans nouvelles de sa fille quand une inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel, romancière, prétend souffrir d’une forme rare de schizophrénie : les personnages de ses récits prennent vie sous ses yeux. Or, le dernier roman d’Anna a pour héroïne une fillette qui souffre d’un mal étrange et qui s’évanouit sans laisser de traces... Le psychiatre n’a dès lors plus qu’un seul but, obsessionnel : connaître la suite de son histoire.

Voici un thriller psychologique qui nous entraîne dans une spirale infernale, et à un rythme d’enfer ! Très difficile d’en parler sans dévoiler l’intrigue… On suit Viktor Larenz dans la recherche de sa fille, mais très vite on ne sait plus où est la réalité et l’imaginaire. On est transporté au cœur de la schizophrénie au travers du personnage d’Anna Spiegel qui est particulièrement troublant. Les séances de psychothérapie font froid dans le dos, on ne sait plus qui essaie de manipuler l’autre. Le tout se passe sur une île, avec la tempête en toile de fond, et ce huis-clos est oppressant au possible. Le rythme est effrené, très efficace et on ne parvient que difficilement à lâcher le bouquin. Même si l’on voit venir plus ou moins le dénouement, le rythme des événements nous tient en haleine jusqu’à la fin, et le choix de Viktor Larenz m’a laissée perplexe, vraiment perplexe… 



jeudi 24 octobre 2013

7 ans après, Guillaume Musso


Après un divorce orageux, Nikki et Sebastian ont refait leur vie, très loin l’un de l’autre. Jusqu’au jour où leur fils Jeremy disparaît mystérieusement. Un divorce les avait séparés…
… le danger va les réunir. Fugue ? Kidnapping ?Pour sauver ce qu’elle a de plus cher, Nikki n’a d’autre choix que de se tourner vers son ex-mari qu’elle n’a pas revu depuis sept ans.
Contraints d’unir leurs forces, ils s’engagent alors dans une course-poursuite, retrouvant une intimité qu’ils croyaient perdue à jamais…

Il faut se rendre à l'évidence, ce livre n'est pas pour moi : je ne l'ai pas terminé, chose qui ne m'arrive pas souvent… Je me suis rapidement ennuyée, je n'ai pas été prise ni par l'histoire qui me paraît trop convenue et j'ai trouvé les personnages sans réel charisme, trop fades. Le style est simple et aisé à lire mais cela n'a pas suffit pour que je puisse aller jusqu'au bout. Il est vrai que je venais de lire quelques polars "bien corsés", peut-être pas le moment idéal pour me lancer dans ce style de lecture. 

vendredi 18 octobre 2013

L'Homme sans mots, Georgina Harding


Roumanie, début des années 1950. Un jeune homme est retrouvé sur les marches de l’hôpital, frêle comme un oiseau tombé du nid. Le garçon ne prononce pas un mot, impossible de savoir qui il est, d’où il vient. Il ne parvient à s’exprimer qu’en dessinant. Lentement, les souvenirs vont éclore sur le papier : d’abord une colline, puis une étable, des chiens, des samovars, le tableau troublant et mélancolique d’un monde perdu. Seule une jeune infirmière, Safta, connaît secrètement l’identité du jeune homme, qui se révèle être un merveilleux dessinateur au douloureux passé. 
Aussi intense dans la description de l’occupation communiste et de ses répercussions dramatiques pour les Roumains que dans la peinture des passions du cœur humain, L’Homme sans mots est un doux orage d’émotions et d’images, et un véritable tour de force dans lequel Georgina Harding réussit la prouesse de créer avec des mots le portrait d’un exilé du langage.

Au début du roman, on suit le voyage d’un homme dans un train, mais pour Augustin, ce voyage n’est pas banal, c’est son ultime chance de retrouver la personne dont il a été séparé depuis si longtemps. Et cette personne, c’est Safta, avec qui il a grandi, il était le fils de la cuisinière, elle était la fille de la « grande maison », en des temps qui sont révolus. C’était avant la Seconde Guerre Mondiale, où la vie était paisible, rythmée par les saisons. Et puis, la guerre est passée par là et avec elle son lot d’horreurs et de chagrin, et tout a changé. Quand il arrive à l’hôpital, Augustin est inconscient et en très mauvais état, il va peu à peu se rétablir. Mais il ne parle pas, il reste totalement hermétique aux autres, il ne cherche pas à communiquer avec le personnel soignant, il semble retiré en lui-même. Seule Safta va réussir, peu à peu à entrer en relation avec lui, et petit à petit, le lien qui les unissait dans le passé va se retisser. On va voyager dans leurs souvenirs, on va découvrir ce qui s’est passé pendant cette période troublée de la guerre, et les événements dramatiques auxquels Augustin a été confronté. Enfant, Augustin s’exprimait par le dessin, il retranscrivait tout ce qu’il l’entourait sur le papier, il fabriquait des figurines représentant les personnes qui l’entouraient. Mais quand, à l’hôpital, Safta lui donne du papier et des crayons, il reste les yeux rivés au plancher, et refuse de dessiner. 
Georgina Harding sait rendre à merveille la douleur que ressent Augustin, les sons et les paroles lui sont inutiles, c’est au travers de ses dessins qu’il perçoit la vie, la sienne et celle des autres. Avec Augustin, l’auteure nous plonge dans son monde de silence, dans un monde d’images sans aucun son, donnant ainsi au roman une tonalité très particulière. On se laisse bercer par cette douce lenteur, on visualise chaque scène du roman comme si l’on en faisait partie et on se laisse totalement emporté par ce rythme, sans jamais se lasser. Et la fin arrive beaucoup trop vite, on aimerait continuer à voyager avec Augustin et Safta, juste encore un peu… 

Merci à Babelio et aux Editions « Denoël & D’ailleurs » de m’avoir fait découvrir ce joli moment de lecture.

Que vous aimiez Shakespeare ou Kathy Reichs, Hervé Bazin. ou la bande dessinée., Babelio vous invite toute l’année à jouer à ses quiz sur des livres. et découvrir des livres en allant sur Babelio.com.



Hanna était seule à la maison, Carin Gerhardsen


Les policiers du commissariat d’Hammarby doivent agir vite. En très peu de temps, deux affaires de meurtre échouent sur le bureau du commissaire Conny Sjöberg. 
Une jeune fille, issue d’une famille à problèmes, est étranglée sur un ferry qui fait la liaison entre Stockholm et la Finlande. Sa petite sœur de 14 ans se retrouve seule, confrontée à une situation qu’aucune adolescente ne devrait connaître. En faisant son jogging, l’inspectrice criminelle Petra Westman découvre au milieu des buissons un nourrisson dans un état d’épuisement avancé, à proximité du cadavre d’une femme sans aucun papier d’identité.
Au même moment, une petite fille de 3 ans se réveille et découvre qu’elle est seule chez elle. Son papa est en voyage à l’étranger et sa maman est sortie avec son petit frère. Hanna se retrouve sans personne, enfermée à clé dans l’appartement familial. Et le temps s’écoule...

Si  le premier livre de Carin Gerhardsen « La maison de pain d’épices », m’avait laissée sur ma faim, il n’en est rien de celui-ci. L’intrigue est très bien ficelée et nous tient en haleine tout a long du roman. On se retrouve avec deux enquêtes en parallèle : le meurtre d’une jeune fille sur un ferry et celui d’une mère de famille retrouvée dans un parc non loin de son bébé inconscient. Et le fil rouge de ces deux histoires c’est Hanna, une enfant de 3 ans qui se réveille un matin et s’aperçoit qu’elle est seule dans la maison et elle ne comprend pas pourquoi. Elle sait que son papa est en voyage d’affaires mais sa maman et son petit frère devraient être là, mais elle est seule, enfermée dans cet appartement sans pouvoir sortir. Et de pages en pages, on assiste à sa confrontation avec ce quotidien vu du haut de ses 3 ans, ces choses qui avaient l’air si simples quand c’était son père ou sa mère qui les accomplissaient, lui paraissent insurmontables, mais elle parvient, coûte que coûte, à survivre dans cet environnement qui lui réservent bien des dangers. A travers l’histoire de Jennifer, la jeune fille assassinée sur le ferry, on plonge dans une vision de l’horreur d’un quotidien qui mêle alcool, pédophilie et violence. On entre dans un monde où rien ni personne n’a d’importance, que ce soit Elise, la jeune sœur de Jennifer, ou ses amies, personne n’a de repères et ne sait quelles sont les limites à ne pas franchir. On retrouve les enquêteurs de « La maison en pain d’épices », Sjöberg et Petra. Le personnage de Sjöberg a pris plus d’épaisseur, il est beaucoup moins lisse et prend plus de place. Quant à Petra, elle est toujours poursuivie par ce viol sur lequel elle a enquêté, elle va faire des découvertes qu’elle était loin d’imaginer… Et la fin est dans la lignée de l’intrigue : captivante !