dimanche 1 juin 2014

Jumelles, Saskia Sarginson


Isolte et Viola sont jumelles. Inséparables dans leur enfance, elles sont aujourd’hui des adultes très différentes : Isolte est rédactrice dans un magazine de mode et partage la vie d’un photographe en vue ; Viola, détruite par l’anorexie, se consume peu à peu sur un lit d’hôpital. Les deux sœurs se parlent à peine. Pourquoi leurs chemins ont-ils pris des directions si différentes ? Quelle tragédie les a séparées ? Alors qu’elles tentent de démêler les fils du souvenir d’un été enfoui dans leur mémoire, les terribles secrets de leur passé remontent à la surface, menaçant de bouleverser leurs vies à jamais.

Isolte et Viola sont jumelles, elles ont passé leur enfance dans le Suffolk avec leur mère, ancienne hippie, toutes trois sont liées de façon fusionnelle, les jumelles vivent en totale liberté. Un jour elles rencontrent John et Mickael, des jumeaux livrés à eux-mêmes, entre une mère soumise à un mari violent et une sœur qui passe sa vie devant la télé. Tous les quatre vont devenir inséparables et profiter de cette liberté pour faire les quatre cents coups. Cette enfance nous est racontée par les retours en arrière que font tour à tour Isolte et Viola, peu à peu on découvre ces enfants et cette vie où elles sont libres et heureuses. Au décès de leur mère, elles sont recueillies par leur tante, et leur vie va changer. Si Isolte essaie de rentrer dans le moule et faire ce que l’on attend d’elle, Viola ne se sent pas apte à cette vie-là, elle la rejette et devient anorexique. Et aujourd’hui, on découvre deux jeunes femmes que tout oppose : Isolte partage sa vie entre travail et petit-ami alors que Viola est totalement associale et passe son temps à entrer et sortir de l’hôpital. Quand Isolte perd son travail, elle décide de retourner sur les traces de leur passé commun et là on découvre, peu à peu, que l’impensable s’est produit et la tragédie va ressurgir dans les mémoires. Il faudra attendre les toutes dernières pages pour savoir ce qui s’est passé. Ces retours en arrière nous permettent de comprendre les réactions du présent et de cerner les personnalités de Viola, rebelle et écorchée vive et d'Isolte, si sûre d'elle en apparence. L’auteur nous fait entrer dans la vie de ces deux sœurs, elle nous fait découvrir peu à peu leur histoire et son style très fluide, nous fait ressentir leurs émotions et partager leurs sentiments. Un très joli premier roman qui se lit sans aucune lassitude du début à la fin.

Merci à http://lespipelettesenparlent.blogspot.fr/ grâce à qui j'ai découvert ce livre gagné sur leur blog lors de leur "concours anniversaire", merci ! 

lundi 5 mai 2014

Le chuchoteur, Donato Carrisi

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

J'avais lu beaucoup de chroniques enthousiastes sur ce livre et je m'attendais à un bon moment de lecture… Et bien non, la magie n'a pas opéré. Pourtant les premières pages laissaient entrevoir les bons ingrédients d'un bon polar. En fait, je n'ai pas accroché, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'invraisemblances, que ce soit sur le déroulement des faits ou sur la psychologie et le comportement des personnages. J'ai tenu bon, je suis allée jusqu'au bout mais plus par curiosité de voir comment l'auteur allait arriver à boucler cette histoire. Je me suis ennuyée, noyée dans des situations tirées par les cheveux,  peu crédibles. Il se lit pourtant aisément mais… mais, là pour moi, ça ne suffit pas. Peut-être essaierai-je un autre de ses romans pour voir… ou pas.

jeudi 1 mai 2014

Tueur intime, Claire Favan


Will Edwards, quinze ans, est quotidiennement battu, violé, humilié. Quand Samantha arrive dans sa classe, belle et protectrice, il renaît. Mais l’amourette se mue en déception. Décidé à se venger, Will apprend minutieusement les règles de la perversité et de la cruauté. Un véritable enragé ! Devenu un prédateur redoutable, il s’engage sur les routes des États-Unis à la rencontre de ses futures victimes.

Ames sensibles s’abstenir ! Avec ce "Tueur intime" Claire Favan nous fait assister à la naissance d’un tueur en série, on suit son évolution de page en page, et certaines scènes sont difficilement supportables…
Will est un enfant maltraité dont le quotidien n’est fait que de violences : violence de la part de son père, des autres enfants à l’école. Et puis apparaît Samantha dans sa vie de petit garçon malheureux, il voit en elle le remède à toutes ses souffrances, il n’aura d'autre but que de la conquérir, de la faire devenir sienne, peu importe les moyens à employer… et c’est là où le bât blesse. Il va la rendre peu à peu totalement dépendante de lui et pour ça il va faire le vide autour d’elle, supprimant les gens qu’elle aime, il veut devenir son dernier recours, celui qui lui est indispensable. Et quand il va arriver à ses fins, il n’aura de cesse de l’humilier, de l’avilir, de lui enlever toute personnalité pour qu’elle devienne sa chose. Et pour arriver à son but, il va "s’entraîner" avec d’autres femmes qui ressemblent en tout point à Sam, il les séduira pour mieux les détruire en leur faisant endurer les pires souffrances. Sam qui est une femme belle, brillante, avec une vie sociale, va devenir l’ombre d’elle-même, vivant dans une peur de chaque instant. Et puis quand Will disparaît elle va reprendre goût à la vie, penser qu’elle peut passer à autre chose, c’est sans compter que Will n’est jamais bien loin. L’histoire se déroule sur plusieurs années, après une première partie où l’on suit le cheminement de la folie de Will, on va dans un deuxième temps assister à l’enquête menée par le FBI sur la recherche de ce tueur en série qui ne laisse jamais ni la moindre trace ni le moindre indice. Claire Favan va nous faire vivre 24 heures sur 24 avec cette équipe, nous plongeant en détail au cœur même de l’enquête et quand arrive R.J. Scanlon, un nouveau profiler, l’intrigue va prendre un autre tournant… Le style de Claire Favan est redoutablement efficace : elle nous entraîne loin, très loin dans la psychologie du tueur et dans celle de sa victime, elle ne nous épargne rien et c’est ce qui fait de "Tueur intime" (son premier roman !) un thriller captivant de la première à la dernière page et je mets ses deux ouvrages suivants "Le tueur de l’ombre" et "Apnée noire" très haut sur ma liste.



dimanche 27 avril 2014

Ecoute-nous, Liz Coley


Angela a 13 ans quand elle disparaît d’un camp de vacances. Lorsqu’elle rentre chez ses parents, trois ans ont passé. Trois années dont elle n’a aucun souvenir. Que s’est-il passé ? Où était-elle tout ce temps ? Que lui est-il arrivé ? Sans la moindre réponse à ces questions, Angela tente de reprendre une vie plus ou moins normale avec l’aide de la psychologue qu’elle consulte désormais régulièrement. Alors qu’elle cherche à retrouver la mémoire, son comportement devient de plus en plus étrange et incontrôlable. La jeune fille l’ignore, mais ce qu’elle a vécu est encore plus terrifiant que tout ce qu’elle peut imaginer…

Lorsqu’Angela rentre chez elle après son camp de scout, elle ne sait pas qu’elle a été enlevée et séquestrée pendant trois ans, elle a effacé ces trois années de sa mémoire et elle ne reconnaît pas la jeune fille de 16 ans qu’elle est devenue, l’image que lui renvoie son miroir lui raconte une histoire qu’elle ignore. Encore une histoire d’amnésie ? Oui et non. Oui, Angela n’a aucun souvenir de ces trois dernières années mais ce n’est pas aussi simple, elle souffre de troubles dissociatifs de l’identité, elle s’est créé des personnalités pour se préserver de tout ce qu’elle a subi au quotidien pendant ces trois années et chaque personnalité est une partie d’elle-même. Et rien n’est plus évident pour elle : la vie a continué sans elle, ses parents ont fait leur deuil de leur enfant disparue, et même si elle retrouve sa chambre telle qu’elle était à son départ, plus rien n’est plus comme avant. Avec l’aide d’une psychologue, elle va essayer de remonter le temps, de comprendre ce qui s’est réellement passé, et de page en page, elle devient la spectatrice de ces trois années d’horreur. Les personnages des parents font prendre conscience au lecteur tout le désarroi et l’impuissance que l’on peut ressentir face à une telle situation : la mère essaie de faire comme si rien ne s’était passé, le père quant à lui ne peut plus regarder sa fille ni la prendre dans ses bras, il ne peut faire abstraction de tout ce qu’elle a subi, elle n’est plus sa petite fille. Et Angela doit composer avec tout ça : essayer de vaincre ses "mauvaises personnalités", vivre le quotidien d’une ado ordinaire et faire comme si tout n’était qu’un cauchemar dont tout le monde allait se réveiller. L’écriture de Liz Coley est très fluide et efficace, le seul bémol, c’est que parfois, je trouve qu’elle a choisi la facilité face à certaines situations, mais ça n’enlève rien à l’efficacité de l’intrigue, c’est un bon thriller psychologique qui se lit sans temps mort jusqu’à la dernière page.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité.

mardi 22 avril 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l'histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d'un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s'est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d'événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...

Voici un roman qui vaut le détour : il est loufoque à souhait !
Allan Karlson, "charmant" petit vieux, s'enfuit de sa maison de retraite le jour de ses 100 ans, il s'ennuie dans cette vie de pensionnaire si triste et sans aucune fantaisie. Et nous allons le suivre dans ses pérégrinations, il va croiser des personnages plus improbables les uns que les autres qui vont l'entraîner dans des situations inimaginables et totalement loufoques. Et en parallèle, se tisse sa vie, de sa jeunesse à son arrivée dans cette maison de retraite. Et là, on se dit que l'auteur, Jonas Jonasson, a une imagination débordante : il lui fait rencontrer Mao, Churchill, Staline et le frère d'Albert Einstein ! On ne s'ennuie pas, on passe du présent au passé avec plaisir et on regarde Allan Karlson faire son chemin dans cette histoire drôle et pleine de tendresse. Un roman qui nous fait passer un vrai bon moment.

dimanche 23 mars 2014

Dawa, Julien Suaudeau


« Ou avez-vous l’intention de faire sauter vos bombes ?
- Je vous demande pardon ?
- Les cinq bombes. Paris piégé. Dawa al-Islamiya, ajoute l’homme en arabe, avec un parfait accent constantinois qui lui glace le sang.
- Qui êtes-vous ?
- Quelqu’un qui a vécu en Algérie, il y a très longtemps, à l’époque ou ton père sévissait dans les Aurès. Quelqu’un qui te protège depuis une semaine, et qui va vous tuer, toi et lui, comme j’ai tué ton chien de frère il y a dix-sept ans. »
Dans une France en guerre contre elle-même, deux hommes sombres poursuivent une vengeance au long cours. La violence de leur idée fixe va renverser d’autres destins, puissants, infortunés, des dalles de la banlieue parisienne jusqu’au coeur de l’État.

Je dois dire que je suis plutôt partagée sur ce premier roman de Julien Suaudeau. L’histoire tout d’abord. Si elle débute dans les Aurès à la fin de la guerre d’Algérie, elle va se dérouler de nos jours. Un groupuscule terroriste menace de faire exploser 5 bombes dans Paris le 13 mars 2014,  et à partir de là, nous allons suivre l’intrigue selon les différents protagonistes. On passe de la cité des 3000 aux ors de la République, des jeunes de banlieue sans espoir d’avenir aux hauts dignitaires avides de pouvoir. Julien Suaudeau dresse le portrait de ce qu’est sans doute notre société d’aujourd’hui : les dealers de banlieue, le jeune qui veut sortir de sa cité par la boxe, la jeune bourgeoise amoureuse du mauvais garçon, le flic désabusé qui veut se venger, les politiques en place qui ne pensent qu’au pouvoir… Peut-être ces personnages représentent-ils la réalité, mais je trouve qu’ils sont trop stéréotypés, et à trop mélanger les genres, l’intrigue s’étiole et passe au second plan. Moi qui aime les polars au style rapide et incisif, j’ai eu du mal à entrer dans le style très hermétique de Julien Suaudeau, il se perd en conjoncture et nous, nous perdons le fil. Et à travers toute cette histoire, il fait de la France un portrait très sombre, très pessimiste et j’espère qu’il a tort… Mais Julien Suaudeau a atteint son but : faire un livre qui interpelle, qui dérange aussi et qui ne laisse surtout pas indifférent.

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont.

dimanche 16 février 2014

Le passage, Justin Cronin


Il y a un siècle, le monde a sombré dans le chaos. Une épidémie, dont l’origine ne fut jamais identifiée, a transformé l’homme en mutant et réduit la civilisation à néant. Les derniers représentants de l’humanité vivent en colonie, luttant jour après jour pour survivre. 
Surgie de nulle part, une jeune fille vient à leur rencontre. Elle semble avoir 14 ans. Elle en a cent de plus. Elle est venue sauver le monde.

Ma fille m'a mis ce roman dans les mains et m'a dit "lis-le, tu ne seras pas déçue, c'est génial"… Et elle a eu tout à fait raison. Moi qui ne suis pas coutumière de ce style de littérature, je me suis régalée. Pas facile de parler de ce roman sans dévoiler l'histoire. 
Dans une première partie qui se passe de nos jours, on fait connaissance avec Amy, une enfant de 6 ans, abandonnée par sa mère dans un couvent. En parallèle, des militaires US entreprennent des recherches pour retrouver une expédition américaine disparue dans la jungle bolivienne. Pendant ce temps au Texas, deux agents du FBI "recrutent" des condamnés à mort. Ils proposent à ces hommes qui n'ont plus rien à perdre, de servir de cobayes à des expériences scientifiques. Sous l'effet d'un virus, ces hommes mutent et développent une force physique et psychologique hors du commun. Mais il faut aller plus loin dans l'expérience : injecter le virus à un être jeune pour voir comment il va évoluer, c'est Amy qui est "choisie", elle est enlevée par les deux agents, on lui inocule le virus. Et tout dérape, le monde bascule dans le chaos. C'est une partie captivante qui tient à la fois de la science fiction et du thriller. Et puis il y a la relation qui s'est développée entre Amy et Wolgast, un des deux agents du FBI… La seconde partie arrive, on fait un bond de 100 ans dans le futur. Une communauté a survécu à l'apocalypse, elle vit en vase clos. Les technologies n'ont plus cours, on découvre une civilisation qui vit dans la hantise d'une attaque de ces mutants mais aussi dans l'espoir d'être sauvée. On fait connaissance avec une pléiade de personnages tous aussi attachants les uns que les autres, ils ont un côté naïf, n'ayant jamais connu autre chose que cette vie en autarcie, régie par des lois très strictes dans un seul but de sécurité. Pendant toute la troisième partie, on suit une équipe de survivants dans un road-movie à travers une Amérique dévastée. L'écriture de Cronin nous permet de visualiser cet univers cauchemardesque fait de ruines, et il y mêle habilement tous les ingrédients qui nous tiennent en haleine : violence, peur, amour, espoir… Et quand arrive la fin, on se prend une claque (encore une…) et on en redemande. 1265 pages d'une lecture haletante et captivante. Et la suite "Les douze" m'attend déjà. 

Henri Cartier-Bresson, le photographe du siècle

En hommage à Cartier-Bresson disparu il y a maintenant 10 ans, Beaux Arts Magazine et le Nouvel Observateur sortent un hors-série consacré au "photographe du siècle" connu pour sa captation de "l'instant décisif". Outre les témoignages de Depardon, Salgado et bien d'autres, on découvre des aspects plus méconnus de son œuvre comme ses photos en couleurs ou ses croquis. Les clichés de ses rencontres avec Alberto Giacometti, William Faulkner ou les Joliot-Curie sont un pur chef-d'œuvre. On suit son parcours, son engagement politique, son attirance pour le surréalisme et le cinéma. Et surtout, on suit le Cartier-Bresson voyageur avec ses grands photo-reportages retraçant ses voyages en Chine et l'arrivée du communisme ou ses séjours en URSS.  Passionnant. Toutes ces photos ont marqué l'histoire du photo-journalisme et restent des références en la matière.
Un hors-série très bien conçu pour les afficionados et les autres.
Une vaste rétrospective de son œuvre se tient également du 12 février au 9 juin 2014 au Centre Pompidou.

vendredi 31 janvier 2014

L'enfant allemand, Camilla Läckberg

La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné... Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l'histoire de son héroïne et celle d'une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu'Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique.

Le résumé et le visuel de la couverture me laissaient entrevoir une histoire prenante, à la hauteur des meilleurs romans de Camilla Läckberg. Mais déception, c'est plus le roman d'une saga familiale sur fond de meurtres et de Seconde Guerre Mondiale, qu'un roman policier. Il est vrai que mélanger histoires de famille et meurtres c'est aussi la marque de fabrique de Camilla Läckberg, mais là où je l'ai apprécié dans ses précédents romans, dans celui-ci, je trouve que cette fois-ci, ça casse le rythme de l'intrigue. Et c'est dommage, car cette intrigue est passionnante avec ses retours en arrière pendant la guerre qui nous permet aussi de voir l'implication de la Suède dans le conflit et ses répercussions de nos jours. Mais on devine très vite qui est qui et qui a fait quoi, et on s'essouffle rapidement. Même le commissaire Melberck qui apportait une note d'humour décalé, devient ennuyeux ! Je reste sur ma faim avec cet opus et je vais laisser "La sirène" et le "Gardien de phare" de côté pour l'instant.

mercredi 1 janvier 2014

Quand l'empereur était un dieu, Julie Otsuka


Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor, une famille de Berkeley brutalement arrachée à sa demeure est déportée par le FBI à la frontière du désert. Ses origines japonaises suffisent à justifier l’emprisonnement, la peine et l’humiliation. Trois ans auxquels chacun doit survivre, agrippé aux joies passées, pour tenter de se reconstruire dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

« Quand l’empereur était un dieu » est le premier roman de Julie Otsuka, et tout comme « Certaines n’avaient jamais vu la mer », je l’ai adoré. Il relate l’histoire d’une famille de Japonais après l’attaque de Pearl Harbor. Le père a été arrêté par le FBI et la seule image qui reste de lui, c’est son départ en pyjama et en pantoufles au petit matin. Ses lettres arrivent d’un camp où il est retenu prisonnier avec d’autres Japonais qui peu de temps auparavant éaient considérés comme des citoyens américains lambdas… Puis un jour est placardé l’ordre d’évacuation n° 19 : la femme, la fille et le fils doivent quitter leur maison à leur tour pour rejoindre un convoi qui les emmènera dans un autre camp d’emprisonnement. On assiste au long voyage en train et à l’arrivée au camp. Là la vie est rythmée simplement par la sonnerie des sirènes, les repas sans baguettes et les saisons qui passent. La vraie vie s’est arrêtée à l’entrée du camp, chacun attend la fin du conflit avec l’espoir de pouvoir rentrer chez lui et de reprendre sa vie d’avant. Mais quand arrivent la fin des hostilités et le retour à la vie « d’avant » rien n'est plus comme avant…
La force de ce récit est avant tout le style de Julie Otsuka, elle ne donne pas de nom aux personnages, c’est simplement la mère, le père, la fille et le fils, ainsi elle relate l’histoire de tous ces Japonais qui ont été emprisonnés simplement parce qu’ils avaient le visage de l’ennemi, mais son récit est sans rancœur ni jugement. Un livre émouvant qui ne laisse pas indifférent.